Élection sans candidat : le déroulé étape par étape
Le déroulé sociocratique et le processus intégratif holacratique, les mots du facilitateur, les cas d'égalité et de refus, et le coût du procédé.
18 mai 2025
Mis à jour le 28 juillet 2026
- Personne ne se porte candidat. Chacun écrit un nom, dit pourquoi à voix haute, et le cercle consent à la personne proposée.
- La version sociocratique décrite par Sociocracy For All tient en huit temps, du rappel du rôle au tour de consentement où la personne nommée parle en dernier.
- L'holacratie codifie le même procédé à l'article 5.3.5 de sa constitution, en six étapes, sans abstention ni nomination multiple, avec quatre règles pour départager une égalité.
- Le procédé expose. Entendre en séance pourquoi personne ne vous a nommé demande une pratique du feedback que le bulletin secret rend inutile.
Un cercle doit se donner un facilitateur. Selon la question posée, la séance produit deux résultats très différents. « Qui se propose ? » fait remonter les deux mêmes mains, celles des personnes à l'aise à l'oral et disponibles ce mois-ci. « Qui parmi nous tiendrait le mieux ce rôle, et pour quelles raisons ? » fait remonter des noms que personne n'attendait, argumentés devant tout le monde.
L'élection sans candidat tient entièrement dans ce déplacement. Personne ne se déclare, chacun écrit un nom, chacun dit pourquoi, et le cercle consent à la personne proposée. Le procédé existe en deux versions codifiées, la sociocratie classique et le processus électoral intégratif de l'holacratie, avec des étapes nommées et un ordre imposé. Voici les deux déroulés, les formulations exactes du facilitateur, un exemple suivi de bout en bout, et ce que la séance coûte aux personnes que personne ne nomme.
Ce que le procédé change par rapport à un vote
Le fondement de la décision change. Une candidature volontaire retient la disponibilité et l'envie. Un vote retient le nombre de voix. L'élection sans candidat retient l'adéquation au rôle, argumentée devant le groupe.
Ted Rau, qui signe l'article de référence de Sociocracy For All sur le sujet, résume l'objection au volontariat en deux phrases. Une personne qui se propose n'est pas forcément celle qui convient. Et la personne qui convient ne se propose pas toujours.
| Candidature volontaire | Vote à bulletin secret | Élection sans candidat | |
|---|---|---|---|
| Ce qui décide | La disponibilité et l'envie | Le nombre de voix | La force des raisons entendues |
| Ce qui reste caché | Les réserves du groupe | Les raisons de chacun | Le bulletin, jusqu'au tour de partage |
| Ce qui arrête le choix | Rien | Le décompte | Une objection argumentée |
| Ce que ça coûte | Les rôles reviennent toujours aux mêmes | Jusqu'à 49 % du groupe reste sur le bord | Il faut dire devant tout le monde pourquoi on nomme quelqu'un d'autre |
Le même article donne l'exemple qui montre l'écart entre le décompte et le consentement. Dans un groupe de sept personnes, quatre préfèrent la candidate A et trois la candidate B. Au vote majoritaire, A l'emporte. Au consentement, deux personnes objectent à A et personne n'objecte à B, donc le cercle élit B. Le décompte des préférences et l'absence d'empêchement ne pointent pas vers la même personne, et c'est le second critère qui fait travailler le cercle.
Le déroulé sociocratique, avec les mots du facilitateur
Sociocracy For All découpe la séance en huit temps. Les trois premiers se sautent dans un cercle rodé qui reconduit un rôle connu, à condition de dire à voix haute qu'on les saute.
Nous suivons le cercle Production d'une coopérative d'ingénierie, six personnes, qui doit se donner un facilitateur.
1. Rappeler le rôle
Le facilitateur demande à la personne qui tient le rôle d'en faire un résumé de trois phrases. « Nous pourvoyons aujourd'hui le rôle de facilitateur. Dans ce cercle, le facilitateur anime les réunions, envoie le rappel la veille et annonce l'ordre du jour. » Ce rappel sert autant aux arrivants qu'aux anciens, parce que deux cercles de la même organisation ne mettent pas toujours la même chose derrière le même nom.
2. Fixer la durée du mandat
La durée se décide à chaque élection plutôt qu'une fois pour toutes. « Nous choisissons un facilitateur pour ce cercle, et je propose notre durée par défaut d'un an. » Un mandat court fait tourner le rôle et forme davantage de monde. Un mandat long stabilise un cercle secoué par ailleurs. Reconduire la même personne reste possible, puisque le consentement remplace ici la protection qu'apportent les limites de mandat dans un scrutin majoritaire.
3. Recueillir les qualités attendues
Un tour de table complète la liste des qualités. Le cercle Production retient l'écoute, le cran de couper la parole, la connaissance du processus, et il ajoute une priorité explicite pour cette élection : donner de la pratique à quelqu'un qui n'en a pas encore. Cette liste se consent comme n'importe quelle règle, et elle reste affichée pendant toute la séance. Elle servira de référence à chaque nomination, puis d'arbitre en cas d'égalité.
4. Écrire son bulletin
Chacun écrit une phrase sur un papier : « Je, Nadia, nomine Karim. » On peut se nommer soi-même. On peut passer. L'écriture précède le partage pour une raison précise, formulée par Sociocracy For All : dans un tour oral, les dernières personnes à parler suivent l'énergie du groupe, et l'information rare se perd. Le bulletin fige la pensée de chacun avant qu'elle subisse celle des autres.
Avant le tour de partage, personne ne commente les personnes qui pourraient convenir, et personne n'annonce son envie ou son indisponibilité. Une phrase du type « de toute façon je n'ai pas le temps ce trimestre » suffit à retirer un nom de tous les bulletins avant même qu'on entende pourquoi il aurait été le bon.
5. Partager les nominations et leurs raisons
Chacun dit qui il a nommé et pourquoi, en une ou deux phrases, sans que personne réponde. Dans notre cercle, le tour donne ceci.
- Nadia nomine Karim, parce qu'elle l'a vu animer le cercle Clients et qu'il annonce toujours l'étape en cours.
- Samuel nomine Nadia, parce qu'elle connaît le processus mieux que tout le monde ici.
- Inès nomine Karim, pour les mêmes raisons que Nadia.
- Thomas nomine Awa, parce qu'elle a suivi la formation de facilitation en mars et qu'elle attend une occasion de pratiquer.
- Awa se nomine elle-même, parce qu'elle veut pratiquer et qu'elle pense en savoir assez.
- Karim nomine Awa, parce qu'il préfère transmettre le rôle plutôt que l'occuper une année de plus.
Le facilitateur note dans une grille à deux colonnes, qui nomme et qui est nommé. Awa mène avec trois nominations, Karim en a deux, Nadia une.
6. Le tour de changement
Chacun redit qui il nomine maintenant, et explique s'il change. Samuel passe de Nadia à Karim, parce qu'il n'avait pas en tête que Karim facilite déjà ailleurs. Personne d'autre ne bouge. Awa et Karim se retrouvent à trois nominations chacun.
Ce tour fait le travail que le bulletin seul ne fait pas. Il laisse l'information circuler sans faire disparaître les positions minoritaires, puisque personne n'a l'obligation de changer d'avis.
7. Le facilitateur propose un nom
En sociocratie, le facilitateur propose sur la force des raisons entendues, pas sur le décompte. Il peut aussi demander à quelqu'un d'autre de porter la proposition, inviter les personnes nommées à s'accorder entre elles, ou ouvrir un échange court pour faire ressortir le nom le plus solide.
Ici, la liste des qualités tranche. Le cercle a écrit qu'il voulait faire pratiquer quelqu'un de neuf, Karim facilite déjà le cercle Clients, donc le facilitateur propose Awa. « Je propose qu'Awa facilite ce cercle pendant un an, parce qu'elle sort de la formation, qu'elle demande à pratiquer et que nous avons dit vouloir faire tourner ce rôle. »
8. Le tour de consentement, la personne nommée en dernier
Le facilitateur démarre le tour par la personne assise à côté d'Awa et le fait tourner dans l'autre sens, pour qu'Awa entende tout le monde avant de se prononcer. La question posée porte sur l'empêchement, pas sur la préférence : au tour de nomination on demande ce que vous préférez, au tour de consentement on demande ce que vous pouvez supporter.
Nadia consent. Inès consent. Thomas consent. Karim consent. Samuel objecte, parce qu'il anime le point client du mardi matin et que la réunion de politique du cercle tombe le mardi, ce qui lui ferait perdre l'un ou l'autre à chaque fois qu'Awa aurait besoin de préparer. Le cercle intègre en déplaçant la réunion au jeudi. L'objection tombe.
Awa parle en dernier et objecte à son tour, sur son manque d'expérience. Le facilitateur lui rappelle que tout le cercle vient de lui accorder sa confiance, puis pose la seule question utile : de quoi aurais-tu besoin pour dire oui ? Awa demande que Karim coanime les deux premières séances. La proposition s'amende, le tour reprend, plus personne n'objecte. Le facilitateur annonce la décision et remercie Awa.
Le processus électoral intégratif de l'holacratie
L'holacratie codifie le même mouvement, en plus serré. L'article 5.3.5 de la constitution 5.0 définit le processus électoral intégratif en six étapes que le facilitateur en exercice doit suivre dans l'ordre.
- Décrire le rôle. Le facilitateur nomme le rôle visé et choisit la durée du mandat. Pendant cette étape et la suivante, personne ne commente les personnes susceptibles d'être élues.
- Nominer. Chaque membre du cercle inscrit sur un bulletin le nom de la personne éligible qui convient le mieux selon lui, et signe son bulletin de son propre nom. L'abstention est interdite, la nomination multiple aussi.
- Tour de partage. Le facilitateur partage les nominations une par une. Chaque personne dit pourquoi son nom conviendrait, sans que personne réponde, et sans commenter les autres noms.
- Tour de changement. Une fois toutes les nominations partagées, chacun peut changer la sienne et dire pourquoi. Aucune réponse n'est permise.
- Proposer. Le facilitateur compte les nominations et propose la personne qui en a le plus.
- Tour d'objections. Le facilitateur demande à chaque membre s'il voit une objection. Si des objections surgissent, il ouvre l'intégration ou écarte la proposition.
Trois précisions du texte pèsent lourd en séance.
L'éligibilité est fermée par défaut. Seuls les membres du cercle peuvent être élus, et une politique du cercle ou d'un cercle supérieur peut élargir ou restreindre cette liste. Le représentant de cercle obéit à une contrainte de plus, énoncée à l'article 5.1.1 : une personne qui exerce comme premier lien du cercle ne peut pas en être le représentant.
Quand la proposition est écartée au tour d'objections, le facilitateur revient à l'étape précédente, ignore toutes les nominations portées sur la personne écartée, et applique les mêmes règles pour en proposer une autre. Le cercle ne recommence donc jamais depuis le début.
Le facilitateur du cercle est redevable de déclencher les élections suivantes à l'expiration de chaque mandat. Sans cette redevabilité écrite, un mandat d'un an devient un mandat à vie par simple oubli, et c'est ce qui arrive à la plupart des équipes qui empruntent le procédé sans la clause.
Sociocratie, holacratie, Sociocracy 3.0 : les écarts qui comptent
| Sociocratie classique | Holacratie, article 5.3.5 | S3, motif Role Selection | |
|---|---|---|---|
| Passer son tour | Autorisé | Interdit, comme la nomination multiple | Autorisé |
| Qui est proposé | La personne dont les raisons sont les plus fortes | Celle qui a le plus de nominations | Celle que la force des raisons désigne |
| Étape supplémentaire | Recueil des qualités attendues | Aucune | Un temps d'échange d'informations, une célébration finale |
| Ce qui compte comme objection | Un argument montrant que le cercle serait empêché | Quatre critères cumulatifs de l'article 5.3.2 | Un argument, testé par le motif dédié |
| Égalité | Le facilitateur tranche sur les qualités priorisées | Quatre règles écrites, dans l'ordre | Le facilitateur relance le groupe |
Le motif Role Selection de Sociocracy 3.0, publié par Bernhard Bockelbrink, Liliana David et James Priest sous licence Creative Commons, ajoute deux choses utiles. Un temps d'échange d'informations, entre le partage des nominations et le tour de changement, où chacun apporte ou demande ce qui manque pour choisir. Et une célébration finale, qui acte l'accord et remercie la personne. Ce dernier temps a l'air décoratif. Il ferme la séance sur autre chose que le décompte, ce qui compte beaucoup pour les personnes qui n'ont pas été retenues.
Le même motif rappelle une condition préalable que les trois modèles partagent : le domaine du rôle doit être décrit avant la séance. Élire sur un rôle flou produit une élection floue, et l'article sur la définition des rôles donne la trame à remplir avant d'ouvrir les bulletins.
Quand ça coince
Deux personnes à égalité
L'holacratie donne quatre issues au facilitateur, et il en choisit une. Proposer la personne qui s'est nommée elle-même, si une seule des deux l'a fait. Proposer celle qui occupe déjà le rôle, si elle fait partie des ex æquo. Tirer au sort entre les deux, à l'aveugle. Ou revenir au tour précédent et demander à ceux qui avaient nommé un troisième nom de reporter leur nomination sur l'une des deux.
La sociocratie procède autrement. Le facilitateur regarde d'abord s'il pressent des objections d'un côté ou de l'autre. Quand les deux passeraient, il le dit au groupe, puis il tranche en revenant à la liste des qualités et à la priorité que le cercle s'est donnée. Sociocracy For All formule le principe sans détour : votre tâche n'est pas de trouver la meilleure personne, elle est de trouver une personne à laquelle tout le monde peut consentir.
Dans notre cercle Production, les deux règles convergent. Awa s'est nommée elle-même et Karim non, ce qui suffit en holacratie. Le cercle avait priorisé la pratique pour quelqu'un de neuf, ce qui suffit en sociocratie.
La personne proposée refuse
Le refus est une objection ordinaire, traitée comme les autres. Il arrive presque toujours sous la même forme : manque d'expérience, manque de temps, manque de confiance.
Le premier réflexe consiste à chercher ce qui transformerait le non en oui. Une formation ou une coanimation des premières séances traitent le manque d'expérience. Un mandat réduit à trois séances avec une évaluation ensuite traite le doute. Un allègement d'autres charges, ou l'engagement de la personne à transmettre deux de ses tâches, traite le manque de temps. Un indicateur convenu à l'avance traite la crainte qu'on ne sait pas arbitrer autrement.
Le facilitateur rappelle à la personne que tout le cercle vient de lui accorder sa confiance, puis lui demande ce dont elle aurait besoin. Sociocracy For All ajoute la limite que personne n'écrit jamais : ne poussez pas trop. Quand rien ne débloque, le facilitateur propose un autre nom sans refaire toute la séance, puisque les autres nominations sont encore fraîches dans les têtes.
Personne ne convient
La séance révèle parfois qu'aucun membre du cercle ne réunit ce que le rôle demande. Sociocracy 3.0 nomme les trois issues. Le groupe ouvre la recherche à l'extérieur, il révise ses priorités, ou il trouve une autre façon de couvrir le domaine, en le découpant ou en le rattachant provisoirement ailleurs.
Nommer une personne absente reste possible en sociocratie. Ted Rau le confirme dans les commentaires de son article : le cercle nomme, il obtient simplement le consentement de l'intéressée plus tard. C'est d'ailleurs comme cela qu'un recrutement peut se conduire, avec des nominations prises parmi les candidatures reçues, une décision par consentement du cercle, puis une proposition adressée à la personne.
Le coût humain, que la plupart des articles passent sous silence
Un scrutin secret protège tout le monde. Personne ne sait qui n'a voté pour personne, et le décompte absorbe les jugements sans les rendre audibles. L'élection sans candidat retire cette protection. Elle échange l'anonymat contre de l'information, et l'échange n'est pas gratuit.
Trois moments font mal, et ils reviennent à chaque séance.
Ne pas être nommé. Vous vous savez capable de tenir ce rôle, le tour passe, votre nom ne sort pas. Sociocracy For All donne deux réponses, l'une pratique et l'autre franche. Nommez-vous vous-même, personne ne vous en empêche. Et acceptez que le tour de nomination ne couvre pas tous les noms possibles : dans un cercle rodé, presque tout le monde ferait l'affaire, donc les nominations désignent quelques personnes sans classer les autres. La sortie la plus utile reste de le dire. « Ce tour a été difficile pour moi, j'aurais aimé que mon nom sorte. Je sais que ce n'est pas un concours de popularité, je voulais simplement vous le dire. » Cinq à dix minutes de réunion, et un cercle qui apprend qu'on peut y être humain.
Objecter à quelqu'un qu'on aime bien. L'objection porte sur une personne dans un rôle, pas sur une personne. La différence tient dans la formulation, et Sociocracy For All la montre avec deux phrases. « Ta facilitation est confuse et inefficace » ferme la conversation. « J'ai besoin d'une facilitation nette pour ne pas perdre le fil, c'est ce qui me rend productif en réunion » l'ouvre, et laisse au cercle de quoi travailler. La règle de départ consiste à clarifier son propre besoin avant de parler, parce qu'un jugement mal identifié sort toujours sous forme d'attaque.
Faciliter une élection dont on préfère l'issue. Le facilitateur compte, propose et juge les objections, ce qui lui donne plus de poids que le rôle ne l'annonce. Quand il est proche d'une des personnes nommées, la sortie propre consiste à le dire et à passer la main : « Je ne me sens pas capable de faire ça correctement ici, quelqu'un peut-il faciliter cette élection ? » L'holacratie prévoit le même remède par sa mécanique de suppléance, décrite à l'article 5.3.6.
Notre position tient en une phrase. Le procédé vaut ce que vaut la pratique du feedback dans l'équipe, et pas davantage. Un cercle qui n'a jamais dit à personne ce qu'il attend de lui va découvrir en séance qu'il pense des choses sur ses collègues, et la découverte se fera à voix haute devant l'intéressé. Deux précautions changent tout. Commencer par un rôle à faible enjeu, une fois que le cercle a déjà pratiqué le feedback entre pairs. Et garder des mandats courts au début, parce qu'une erreur d'attribution qui coûte trois mois se corrige, quand la même erreur sur deux ans finit en démission.
Conduire une élection sans candidat dans Rolebase
Rolebase n'a pas de fonctionnalité d'élection dédiée. Le déroulé se tient en réunion, dans les étapes que vous composez vous-même, et son résultat s'enregistre comme une décision du rôle concerné.

Une réunion appartient à un rôle et se compose d'étapes ordonnées, parmi cinq types : tour de parole, discussions, liste de contrôle, indicateurs et tâches. Une élection se prépare avec un modèle de réunion qui enchaîne trois tours de parole, le recueil des qualités, le partage des nominations, le tour de changement. Les notes se prennent sur chaque étape pendant la séance, ce qui laisse le compte rendu porter les raisons entendues plutôt que le seul résultat.
Les bulletins restent hors de l'outil, sur papier ou dans le support de votre choix, puisque leur intérêt tient à ce que chacun écrive avant d'entendre les autres.
Le tour de consentement se conduit de deux façons. En direct dans la réunion, le facilitateur fait le tour et note l'issue. En asynchrone, une proposition en mode consentement porte le nom retenu, avec deux boutons « Je consens » et « J'objecte ». Cette proposition embarque la modification d'organigramme correspondante, à savoir l'ajout de la personne au rôle, qui reste en attente et s'applique à l'approbation. Une date limite referme le tour même si quelqu'un n'a pas répondu, et la résolution anticipée arrête tout dès la première objection pour renvoyer le cercle à l'intégration.
Une fois la proposition approuvée, la décision se range dans le registre du rôle, avec sa date et son texte. Écrivez-y la fin du mandat, et créez une tâche échéant à cette date pour déclencher l'élection suivante. C'est l'équivalent pratique de la redevabilité que l'holacratie confie à son facilitateur.
Le mode de gouvernance détermine qui peut modifier l'organigramme directement. En mode Strict, tout changement passe par une proposition, ce qui garantit qu'aucun rôle élu ne change de titulaire sans tour de consentement.
Le guide pour animer votre première réunion reprend le parcours complet, et l'article sur la réunion de gouvernance situe l'élection dans le déroulé de la séance.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'élection sans candidat ?
C'est le procédé par lequel un cercle pourvoit un rôle sans que personne se porte candidat. Chaque membre écrit sur un bulletin le nom de la personne qui lui semble convenir le mieux, un tour de parole rend publiques les raisons de chaque nomination, un second tour permet d'en changer, puis le facilitateur propose un nom et le cercle consent ou objecte. La sociocratie l'utilise pour ses rôles élus, facilitateur, secrétaire et délégué. L'holacratie le codifie à l'article 5.3.5 de sa constitution sous le nom de processus électoral intégratif.
Peut-on se nommer soi-même ?
Oui, dans les trois modèles. Se nommer n'équivaut pas à se porter volontaire, puisque le cercle doit encore consentir. Sociocracy For All encourage même le geste : quand vous avez de bonnes raisons de vous croire qualifié, votre envie est une information utile au cercle. La sociocratie et Sociocracy 3.0 autorisent en plus de passer son tour, ce que l'holacratie interdit.
Que faire en cas d'égalité entre deux personnes ?
L'holacratie écrit quatre issues au choix du facilitateur : proposer celle qui s'est nommée elle-même quand une seule l'a fait, proposer celle qui occupe déjà le rôle si elle est à égalité, tirer au sort à l'aveugle, ou revenir au tour précédent et demander aux personnes qui avaient nommé un autre nom de reporter leur voix sur l'une des deux. La sociocratie regarde d'abord de quel côté des objections pourraient venir, puis tranche en revenant à la liste des qualités attendues. L'objectif reste de trouver une personne à laquelle tout le monde peut consentir.
Et si la personne proposée refuse le rôle ?
Son refus est une objection, et il se traite comme les autres. Le cercle cherche ce qui transformerait le non en oui : une formation, une coanimation des premières séances, un mandat raccourci avec une évaluation, un allègement d'autres charges. Le facilitateur rappelle que le cercle vient de lui accorder sa confiance et demande ce dont elle aurait besoin, sans insister au-delà. Quand rien ne débloque, il propose un autre nom sans refaire toute la séance.
Peut-on nommer une personne absente de la réunion ?
Oui en sociocratie. Le cercle nomme, décide par consentement, et recueille l'accord de l'intéressée ensuite. Ted Rau signale que c'est aussi une façon de conduire un recrutement, avec des nominations prises parmi les candidatures reçues. L'holacratie est plus restrictive : seuls les membres du cercle sont éligibles par défaut, et une politique du cercle ou d'un cercle supérieur peut élargir cette liste.
Quels rôles se pourvoient par élection sans candidat ?
Les rôles élus du cercle. En sociocratie, le facilitateur, le secrétaire et le délégué qui siège dans le cercle supérieur. En holacratie, le facilitateur, le secrétaire et le représentant de cercle, avec une règle supplémentaire : une personne qui exerce comme premier lien du cercle ne peut pas en être le représentant. Le même procédé sert aussi à trancher d'autres choix, un thème de séminaire ou une priorité, en remplaçant les noms par les options.
Faut-il un outil dédié pour organiser une élection sans candidat ?
Non. Le procédé demande des bulletins papier, un tour de parole et un facilitateur qui tient les étapes. Un outil sert après coup, pour garder la trace du mandat et de ses raisons. Dans Rolebase, la séance se compose d'étapes de tour de parole, le résultat s'acte par une proposition en mode consentement qui ajoute la personne au rôle, et la décision se range dans le registre du rôle avec sa date de fin de mandat.
Ce qu'il faut en retenir
L'élection sans candidat vaut par la question qu'elle substitue à l'autre. « Qui veut ? » sélectionne les personnes disponibles et sûres d'elles. « Qui conviendrait, et pourquoi ? » sélectionne sur l'adéquation, et rend publiques les raisons du choix, ce qui donne au cercle une information qu'aucun scrutin ne produit.
Trois conditions font la différence entre une belle séance et un mauvais souvenir. Le rôle est décrit avant qu'on ouvre les bulletins. La liste des qualités attendues est écrite et reste visible, parce qu'elle arbitrera les égalités. Et le cercle a déjà pratiqué le feedback ailleurs, faute de quoi il découvrira ce qu'il pense de ses membres en séance, devant les intéressés.
Rolebase donne à ce travail un endroit où vivre, avec des réunions composées d'étapes que vous ordonnez, des propositions votées au consentement qui appliquent le changement d'organigramme à l'approbation, et un registre de décisions attaché à chaque rôle. Découvrez les fonctionnalités, ou créez votre organisation gratuitement jusqu'à cinq membres actifs.