Rolebase

Six outils open source pour votre organigramme, comparés

Six outils libres pour l'organigramme, avec leur licence, leur usage idéal et leurs limites. Certains outils du marché n'ont d'open source que le nom.

25 mai 2025

Mis à jour le 28 juillet 2026

Points clés
  • Licences vérifiées en juillet 2026 : draw.io en Apache 2.0, LibreOffice Draw en MPL 2.0, PlantUML en GPL, d3-org-chart en MIT, Dia en GPL v2 ou ultérieure, Rolebase en MIT.
  • Dia revient dans presque toutes les listes alors que sa dernière archive publiée, dia-0.97.3, date du 5 septembre 2014 sur download.gnome.org.
  • OrgChart JS de BALKAN est souvent classé open source. Son EULA dit « The Software is licensed, not sold » et ses licences perpétuelles vont de 399 $ à 4 999 $.
  • Un éditeur de diagrammes produit une image que quelqu'un redessine à chaque changement. Une application de gouvernance produit des données que les équipes tiennent elles-mêmes.

La plupart des listes d'outils d'organigramme open source recopient les mêmes noms sans jamais ouvrir la licence. On y croise une bibliothèque JavaScript vendue 399 $ la licence et un logiciel de bureau dont la dernière version stable remonte à septembre 2014.

J'ai repris cette liste et vérifié trois choses pour chaque outil, en juillet 2026 : la licence exacte, la date de la dernière version publiée, le prix réel. Voici ce qu'il en reste, avec pour chacun le cas où il est le bon choix et celui où il vous fera perdre du temps.

Le comparatif

OutilLicenceTypeLe bon usageOù ça coince
draw.io (diagrams.net)Apache 2.0Éditeur de diagrammes, navigateur et bureauSortir un organigramme propre en une heure, sans créer de compteLe dessin ignore qui sont les gens, chaque changement se refait à la main
LibreOffice DrawMPL 2.0Module de dessin vectoriel de LibreOfficeInsérer un organigramme dans un livret ou un document impriméUn seul utilisateur à la fois, mise en page entièrement manuelle
PlantUMLGPL, avec des variantes LGPL, MIT, Apache et EPLDiagrammes générés depuis un texteVersionner l'organigramme dans un dépôt Git et le relire en pull requestRéservé aux équipes techniques, la mise en page se pilote difficilement
d3-org-chartMITBibliothèque JavaScript basée sur D3Afficher un organigramme dans votre propre application ou intranetIl faut un développeur, et la dernière version npm date de septembre 2023
DiaGPL v2 ou ultérieureÉditeur de diagrammes de bureauRouvrir d'anciens fichiers .diaDernière version stable en septembre 2014
RolebaseMITApplication de gouvernance : rôles, réunions, décisionsUn organigramme que chaque équipe tient à jour elle-mêmeAucun dessin libre, la structure suit un modèle de rôles

Ce que l'open source apporte vraiment ici

Le réflexe est de parler de gratuité. C'est l'argument le plus faible, parce que les outils propriétaires du même segment ont eux aussi des plans gratuits. Trois autres différences pèsent beaucoup plus lourd.

Vous décidez où vivent les données. draw.io annonce sur sa page d'accueil que vos fichiers restent les vôtres et que l'éditeur n'y a pas accès. Ils partent dans votre Drive, votre OneDrive ou votre disque dur, et l'application de bureau fonctionne hors ligne. Rolebase s'installe sur votre propre infrastructure, la documentation développeurs décrit la marche à suivre.

Les formats restent lisibles. Un fichier .drawio est du XML, un diagramme PlantUML est du texte, un export Rolebase est un fichier XLSX ou JSON. Le jour où vous changez d'outil, vos données sortent avec vous.

Le code est auditable. Ça compte surtout quand l'organigramme contient des données personnelles et que votre DPO demande où elles transitent.

Bien sûr, la licence ne dit rien du prix ni du rythme de maintenance. Ce sont deux questions distinctes, et Dia montre plus bas qu'elles pèsent autant que la licence elle-même.

draw.io, alias diagrams.net

Page d'accueil de draw.io

Le code est publié sous licence Apache 2.0 dans le dépôt jgraph/drawio. Le projet vit : la version 31.1.2 est sortie le 26 juillet 2026, avec plusieurs publications par semaine. L'application en ligne sur app.diagrams.net s'ouvre sans compte et sans carte bancaire, et une application de bureau existe pour Windows, macOS et Linux.

Pour un organigramme, l'outil coche beaucoup de cases. Il importe les fichiers Visio .vsdx, Gliffy et Lucidchart, ce qui règle la migration depuis un outil propriétaire. Il génère un diagramme depuis un fichier CSV, donc vous pouvez partir d'un export de votre SIRH. Il propose des dispositions automatiques horizontales, verticales, radiales ou en arête de poisson. Il exporte en PNG, SVG, PDF, HTML et XML. Quand le fichier est stocké sur Google Drive ou OneDrive, plusieurs personnes éditent en même temps, chacune avec un curseur de couleur.

La limite tient à la nature de l'objet produit. Un organigramme draw.io est un dessin, et le fichier ignore qu'un rectangle représente une personne portant trois responsabilités dans deux équipes. Une réorganisation se retraduit case par case, et celui qui tient le fichier devient un goulot d'étranglement.

LibreOffice Draw

LibreOffice est publié sous licence MPL 2.0, et son module Draw dessine des diagrammes vectoriels avec connecteurs, calques et export PDF, SVG ou PNG. Il tourne hors ligne, sur des postes où LibreOffice est souvent déjà installé, et il s'insère naturellement dans un document Writer ou une présentation Impress.

C'est le bon choix quand l'organigramme finit imprimé, dans un livret d'accueil, une plaquette ou un dossier de subvention. Vous maîtrisez la typographie au point près et le résultat entre dans une charte graphique.

Draw travaille en solo, et c'est là que ça se gâte. L'édition à plusieurs est absente, la mise en page reste manuelle, et chaque arrivée ou départ vous renvoie dans le fichier source. Passé une cinquantaine de cases, aligner les connecteurs devient un travail à part entière.

PlantUML

Documentation de PlantUML

PlantUML génère des diagrammes à partir de descriptions textuelles. Le projet est distribué sous GPL, avec des variantes LGPL, Apache, EPL et MIT pour les contextes où la GPL bloque. Le type de diagramme WBS convient bien à une structure d'équipes, et le rendu passe par Graphviz.

L'organigramme devient un fichier texte. Il vit dans le dépôt Git à côté du code, chaque modification passe en revue comme le reste, et l'historique montre exactement quand telle équipe a été créée. IntelliJ IDEA, Eclipse et VS Code affichent l'aperçu en direct. GitLab et Confluence rendent les blocs PlantUML directement dans les pages.

Une précaution que la FAQ du projet donne elle-même : sur le serveur public, le diagramme est encodé dans l'URL et le trafic passe en HTTP. Pour une structure d'entreprise avec des noms de personnes, installez un serveur PlantUML sur votre réseau.

Le point faible est humain. En dehors de l'équipe technique, personne ne modifiera un fichier .puml. La mise en page se subit aussi plus qu'elle ne se choisit, puisque c'est Graphviz qui décide du placement.

d3-org-chart

La bibliothèque de David Bumbeishvili est publiée sous licence MIT, s'appuie sur D3 version 7 et couvre exactement le besoin de l'organigramme, avec des nœuds repliables, du zoom, une minimap et des enveloppes React, Vue et Angular. Elle rassemble environ 1 200 étoiles sur GitHub.

C'est la brique à choisir pour afficher un organigramme dans votre propre produit ou sur votre intranet, avec vos données et votre design.

Deux réserves. C'est une bibliothèque, donc tout le reste vous incombe, à commencer par l'interface de saisie et le stockage. Et le rythme s'est calmé : la dernière version publiée sur npm est la 3.1.1 de septembre 2023. Elle fonctionne, elle évolue peu.

Dia, le cas d'école

Site de Dia proposant toujours la version 0.97.2

Dia est un éditeur de diagrammes du projet GNOME, sous licence GPL v2 ou ultérieure, avec plus d'un millier de formes et une trentaine de types de diagrammes. Il revient dans presque toutes les listes d'outils open source d'organigramme.

Regardez les dates. Sur download.gnome.org, la dernière archive publiée est dia-0.97.3.tar.xz, datée du 5 septembre 2014. Le site historique dia-installer.de propose encore la 0.97.2 en téléchargement et ne répond plus en HTTPS. Le dépôt sur le GitLab de GNOME reçoit encore des commits, sans nouvelle version stable depuis douze ans.

Dia rend service pour rouvrir un vieux fichier .dia, ou si votre distribution Linux le fournit déjà. Pour démarrer un organigramme en 2026, prenez draw.io.

Le piège : OrgChart JS est propriétaire

OrgChart JS de BALKAN apparaît dans la majorité des comparatifs « open source » d'organigramme, y compris dans la version précédente de cet article. La bibliothèque est excellente, et elle appartient à son éditeur.

En juillet 2026, sa page de tarifs affiche des licences perpétuelles à 399 $ pour un site, 1 899 $ en Premium et 4 999 $ en Enterprise. L'EULA est explicite : « The Software is licensed, not sold », la propriété reste chez BALKAN App, la redistribution est interdite en Professional, et le code source lisible n'arrive qu'à partir de Premium. L'essai gratuit de 30 jours exclut tout usage commercial ou productif.

Ce modèle est parfaitement légitime. Le problème vient des listes qui classent la bibliothèque comme libre, et de l'équipe qui découvre la facture après avoir bâti son intranet dessus. Ouvrez le fichier de licence avant d'écrire la première ligne de code.

Rolebase

Rolebase est publié sous licence MIT et prend le problème par l'autre bout. Au lieu de dessiner des cases, vous décrivez des rôles avec une raison d'être, un domaine de décision, des redevabilités et des indicateurs. Les rôles s'imbriquent pour former les équipes, une personne en porte plusieurs, et l'organigramme se dessine à partir de ces données. Le modèle est détaillé dans la documentation de l'organigramme.

Le reste de la plateforme sert à faire vivre cette structure. Les réunions ont un ordre du jour partagé, des modèles réutilisables et des comptes rendus. Les décisions de gouvernance restent tracées avec leur date et leur auteur. Les tâches et les discussions se rattachent au rôle concerné plutôt qu'à une messagerie. L'édition est simultanée, la recherche couvre membres, rôles, décisions et réunions, et les modifications de structure se réservent aux responsables désignés.

Rolebase synchronise les réunions avec Google Calendar, Outlook et tout calendrier iCal, importe une structure depuis Holaspirit, et exporte l'organigramme en PNG ainsi que les données en XLSX ou JSON.

La Scop EVEA tenait son organigramme dans un PowerPoint avant de passer sur Rolebase, avec 140 personnes réparties sur Nantes, Lyon et Troyes, plus de huit pôles de compétences et des missions transverses.

Rolebase est devenu un outil indispensable à EVEA. Les équipes retrouvent facilement qui fait quoi. On peut disposer à tout instant d'une cartographie en temps réel des rôles au sein de l'entreprise.

Damien Delmotte, Communication & Brand Manager, dans l'étude de cas complète.

Le plan gratuit couvre 5 membres actifs avec toutes les fonctionnalités, sans carte bancaire, et les personnes sans compte utilisateur apparaissent dans l'organigramme sans être comptées. Au-delà, le plan Startup est à 5 € par utilisateur et par mois en juillet 2026, et les associations bénéficient de réductions importantes selon leur statut. Le détail figure sur la page tarifs.

Ce que Rolebase ne sait pas faire

Autant le dire franchement, ça vous évitera un essai pour rien.

Le dessin libre est hors de portée. Un schéma quelconque, un flux BPMN, un organigramme aux formes exotiques : rien de tout ça n'existe. La structure suit le modèle de rôles, et si vous voulez simplement des cases avec un nom et un intitulé de poste, draw.io fait le travail en moins de temps.

L'export de l'organigramme sort une image PNG, et les données partent en XLSX ou JSON. Un PDF passe par l'impression du navigateur.

L'import automatique se fait depuis Holaspirit. Pour venir d'un tableur ou d'un autre outil, la saisie reste manuelle ou passe par l'API.

Le périmètre s'arrête à la gouvernance. La paie, les congés, les entretiens annuels, le suivi de compétences et de carrière, le feedback entre pairs et les élections vivent ailleurs. Rolebase décrit qui fait quoi et comment les décisions se prennent.

L'auto-hébergement demande de faire tourner Nhost, Hasura et PostgreSQL. C'est documenté, et ça reste plus long qu'une installation en un clic.

Dessiner un organigramme ou le faire vivre

Les six outils se répartissent en deux familles, et le choix se joue presque entièrement là.

draw.io, LibreOffice Draw, PlantUML, d3-org-chart et Dia produisent une représentation. Quelqu'un la fabrique, quelqu'un la met à jour, et la qualité du résultat dépend de la disponibilité de cette personne. Si vous cherchez la méthode pour construire cette représentation, elle est décrite pas à pas dans comment créer un organigramme.

Rolebase produit des données que chaque équipe modifie dans son périmètre, et le dessin en découle. C'est le principe de l'organigramme dynamique, et c'est aussi ce qui explique la contrainte : vous acceptez un modèle de rôles imposé en échange d'une structure qui se met à jour sans passer par un gardien du fichier.

Il existe un signal simple pour trancher. Si votre organigramme actuel se révise lors d'un point trimestriel dédié, c'est que l'outil impose un rituel de mise à jour. Un organigramme qui se corrige le jour où la responsabilité change se passe de rituel.

Comment choisir

Cinq questions suffisent, dans cet ordre.

Qui met à jour ? Pour une seule personne, un éditeur de diagrammes convient. Pour toutes les équipes, il vous faut des droits par rôle et de l'édition simultanée.

À quelle fréquence ? Deux révisions par an tiennent très bien dans LibreOffice Draw. Des changements mensuels réclament un modèle de données.

Combien de personnes ? En dessous de vingt cases, n'importe quel outil marche. Au-delà de cent, aligner les connecteurs à la main devient un métier, et EVEA en a fait l'expérience avec ses 140 collaborateurs.

Quelles compétences dans l'équipe ? PlantUML et d3-org-chart supposent un développeur disponible, pour l'installation puis pour toute la vie de l'outil.

Où doivent vivre les données ? Sur votre disque avec LibreOffice ou draw.io en application de bureau, sur votre réseau avec un serveur PlantUML, sur une instance que vous hébergez avec Rolebase.

Rolebase reste gratuit jusqu'à 5 membres actifs, ce qui laisse le temps de vérifier si le modèle de rôles correspond à votre fonctionnement avant d'y engager toute l'organisation.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur logiciel d'organigramme open source et gratuit ?

Pour produire vite un organigramme propre, draw.io sous licence Apache 2.0 est le choix le plus sûr en 2026. Il s'ouvre dans le navigateur sans compte, importe les fichiers Visio et Lucidchart, exporte en PNG, SVG et PDF, et le projet publie plusieurs versions par semaine.

Pour un organigramme que les équipes maintiennent elles-mêmes, la question change de nature et un éditeur de diagrammes atteint sa limite. Rolebase, sous licence MIT, décrit des rôles et génère l'organigramme à partir de ces données.

Un outil open source tient-il un organigramme de plusieurs centaines de personnes ?

Un éditeur de diagrammes atteint sa limite bien avant. Passé une centaine de cases, la mise en page manuelle occupe une personne à plein temps et chaque réorganisation repart de zéro.

Les outils qui tiennent à cette échelle génèrent le dessin depuis des données : d3-org-chart si vous développez votre propre interface, PlantUML si votre équipe est technique, Rolebase si vous voulez que chaque équipe gère sa partie. La Scop EVEA cartographie ainsi 140 personnes sur trois sites.

Peut-on héberger son organigramme sur ses propres serveurs ?

Oui, avec des niveaux d'effort très différents. LibreOffice Draw et l'application de bureau draw.io gardent les fichiers sur votre poste, sans aucun serveur à administrer. PlantUML se déploie sur votre réseau, ce que son propre guide recommande dès que les diagrammes contiennent des informations sensibles. Rolebase s'installe sur votre infrastructure avec Nhost, Hasura et PostgreSQL, la procédure est décrite dans la documentation développeurs.

Open source veut-il dire gratuit d'utilisation ?

Les deux notions se recoupent souvent sans se confondre. La licence dit ce que vous avez le droit de faire du code, le prix dit ce que vous payez pour un service.

Un outil peut être libre et coûter de l'argent en hébergement ou en support, comme Rolebase dont le code est en MIT et le service payant au-delà de 5 membres actifs. Un outil peut aussi se présenter comme gratuit tout en restant propriétaire, comme OrgChart JS et ses licences perpétuelles à partir de 399 $. Ouvrez le fichier de licence avant de choisir.

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